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Jardins
de curés ou jardins des simples, ces jardins
représentent un peu de nostalgie des jardins de
notre enfance. Tels de vieux livres dans
lesquels il fait bon se plonger, ils nous aident
à retrouver nos racines.
Les
jardins de curé ne sont plus ce qu'ils
étaient; plus de trente mille au siècle
dernier et en France, soit autant que de
paroisses; mais faute de temps et de moyens, il
ne reste plus que les jardins disproportionnés
des congrégations religieuses pour retrouver
l'ambiance particulière qui les animaient.
Cette ambiance provenait d'une nature
"cultivée" paisible, calme et sereine
ou les hommes d'église y savouraient des
moments de détente, propices à la méditation.
Avec leur bagage de quelques connaissances en
botanique et de sciences naturelles acquises au
séminaire, ils avaient aussi des notions de
phytopharmacie; et cultivaient ainsi, nombre de
plantes utiles pour leur propre santé, et
éventuellement celle de leurs fidèles.
Se
trouvaient donc en bonne place dans les jardins
de curé ... toutes sortes de simples comme la
sauge, le romarin, la lavande, l'hysope, les
menthes et armoises.
Les
fleurs, bien sûr étaient aussi à l'honneur
car il fallait bien décorer l'autel tout au
long de l'année. Les fleurs incarnent en effet,
dans la tradition chrétienne, les
manifestations permanentes du sacré, de la
pureté et de l'amour lors de différentes
fêtes religieuses. Songez simplement aux
chrysanthèmes de la Toussaint ainsi qu'aux Lys
blancs de l'Ascension.
Mais
le curé devait aussi assurer sa subsistance et,
de ce fait cultiver ses fruits et légumes.
Voici,
le décor est planté et les impératifs de
nourriture terrestre alliés au besoin
d'atmosphère favorable à la méditation
donnent, selon les paroisses, presbytères et
autres cures, selon aussi la géographie et les
conditions climatiques des lieux, des endroits
riches, enchantés et mystérieux, aussi
différents que les personnes qui les ont
créé.
Du IV ème siècle - soit à
l'apparition des paroisses - jusqu'en 1789, on
n'entend presque pas parler de jardin de curé et
les paroisses prélèvent des droits de collation
et dîmes ainsi que des
biens en nature pour subvenir à leurs besoins auquels tous les habitants - clercs,
nobles, roturiers - sont assujettis. En
1789, la Révolution va bouleverser la vie des
paroisses avec l'abolition des privilèges,
ce qui entraîne la disparition des différentes
dîmes, autant de moyens d'existence des
prêtres de paroisse. Sans vouloir leu porter
tort, l'Assemblée Nationale lors de la nationalisation
des biens du clergé en novembre 1789
décide que l'Etat leur versera un salaire et
qu'un logement sera mis à leur disposition.
Dans le logement est inclus ... un jardin qui
doit mesurer au moins un demi-arpent, soit
environ 25 ares. En 1790, la Constitution
civile du clergé restreint le nombres de
cures par soucis d'économies et les
presbytères des cures supprimées sont alors
immédiatement vendables. Ces jardins
continuerons néanmoins à desservir encore les
cures et les écoles. Finalement, en 1794 la séparation
de fait de l'Eglise catholique et de l'Etat est
instaurée par un décret stipulant que "La
République française ne paie plus les frais ni
les salaires d'aucun culte". Tous les
presbytères sont à vendre et c'est en
général les communes ou municipalités qui en
revendiquent la propriété ou la jouissance. Le
jardin du presbytère devient le refuge
précaire du curé s'il a pu se maintenir ou
alors est cultivé par l'instituteur; parfois
vendu à de riches notables, mais souvent à
l'abandon ... |
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Photos
et textes pour voir grandir notre jardin des
simples ou jardin de curé
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Vue
printannière
| Plate-bande
au pied des rosiers: collection |
mai 2002
de romarins et
de sauges officinales
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| Carré
de vivaces aromatiques utilisables en
cuisine (en haut à gauche) |
Carré
de plantes vivaces utiles et/ou
médicinales (en haut à droite) |
| Carré
de plantes vivaces aromatiques à senteurs
originales (en bas à gauche) |
Carré
de plantes à thème: actuellement, des
armoises et plantes citronnées (en bas à
droite) |
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Collection
de menthes (création 2005) |
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Conception
d'un jardin de curé
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Petit
jardin de curé conçu sur commande, avec carré
de plantes aromatiques vivaces pour la cuisine,
un autre avec des fleurs simples (Calendula,
Cosmos, Convolvulus, Lavatera, Zinnia, Houblon,
etc.), un autre avec des plantes médicinales
particulières utilisées en gynécologie et enfin le dernier avec des
plantes aromatiques gélives (craignant le gel)
comme les basilics, coriandre, géranium
odorants, citronelle des Indes; ou encore à changer
tous les trois ans comme les fraisiers.
Le tout
accompagné de petits fruits tels que raisinets,
groseillers, cassissier, kiwi (Actinidia
arguta); d'une plate bande d'Hortensias, d'une
glycine (Wisteria chinensis) et d'un rosier
grimpant.
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Les
chemins sont en chaille et les carrés sont bien
délimités par des briques rouges du Tessin,
posées sur un lit de ciment.
Une
pergola simple sur laquelle le houblon va
grimper permet de profiter de cette ambiance; en
attendant que le houblon soit assez grand pour
ombrer la pergola, des claies en bois peuvent
être déroulées à volonté.

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Idées de plantes ou groupes de plantes
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